Spectacle-défi à haute voltige

 

 12 interprètes, 12 parcours, 1 chrono…
 Le but, rester en l’air, voler 10 minutes par interprète en 1 heure. 
Ce défi sera-t-il relevé ? Ou remis en question ? 
Salto, expérimentation acrobatique, étude des inégalités du quotidien et ode à l’émancipation.

Concrètement, c’est en sautant que je gagne ma vie : mes sauts périlleux payent mes factures. On a tous un nombre de saltos à faire dans la vie. Moi j’ai déjà fait mon quota pour en être là, là où j'en suis aujourd’hui mais je dois encore beaucoup sauter.

Si j’additionne tous mes temps de suspension, chaque microseconde où j’ai été en l’air, j’aurais volé presque 3 heures en 36 ans. Combien me reste-t-il à faire encore avant ma mort en tant qu’acrobate ? L’envol, le temps de suspension diminuent avec le temps et on meurt ?

 

Sauter, moyen alternatif de se déplacer, de penser notre quotidien 

En tant qu’acrobate, je défie les lois de l’attraction, je côtoie les hauteurs, mais je ne veux pas pour autant regarder les choses d’en haut, planer au-dessus du monde. Tous les êtres sur Terre jouent avec les lois de la gravité, un acrobate les travaille et les interroge juste un peu différemment.

 

Le saut ou tentative d’évasion

Le temps d’un saut, on s’évade, on vit différemment.

On saute à chaque fois qu'il faut agir, dès qu’il faut prendre une décision importante (faire le grand saut), sauter nous permet de voler un peu, de s’évader.

Je travaille à partir de gestes simples. Je puise ainsi un langage corporel dans les gestes quotidiens, les danses urbaines, les jeux de cours d’écoles... dans toutes les manières de jouer et d’explorer, aller plus loin, de tenter.

Parce que rien de ce qu’on a sous les yeux n’est figé. Le mouvement est permanent, parfois infime.

 

Sauter pour se raconter et avancer

Un acrobate est, pour moi, un être humain, pas un surhomme.

Je ne ferai plus de triple arrière. Je ferai un salto simple mais parfait, un salto qui raconte mon histoire.

Quand tu fais un salto, on te regarde. Après tu peux parler. C’est l’excuse pour être écouté.

Sauter, c’est tenter d’avancer, recommencer, réinterpréter. C’est aussi accepter de chuter, de se blesser. Accepter les cicatrices, marques de vie, laissées par les tentatives avortées.

Mais ne pas abandonner, recommencer encore et toujours. Et faire de la peur de sauter, un moteur pour avancer. Ne pas céder à la tentation d’abandonner.

 

Le saut, transition pour passer d’un état à un autre, comme un rite de passage 

A la manière du saut de bœuf de la culture Hamar en Ethiopie pour passer de l’état d’enfant à adulte, ou du saut du Gol sur l’île de Vanuatu, ancêtre du saut l’élastique, le saut est un passage vers quelque chose d’autre.

Aussi à la manière du parkour ou du freerunnig, le saut développe la capacité à se mouvoir efficacement dans un environnement urbain ou naturel. Se propulser dans son environnement pour s’échapper, se protéger ou attaquer…

Moi, j’utilise mon corps comme outil de résistance, objet de transition et vecteur de changement social.

 

Edward ALEMAN

El-Nucleo_Salto

SALTO, création 2023

 

Avec  : Edward Aleman, Alexandre Bellando, Birta Benonysdottir, Hemda Ben Zvi (à confirmer), Célia Casagrande-Pouchet, Cristian Forero, Fanny Hugo, Jérôme Hugo (à confirmer), Jimmy Lozano, May, Mohamed Nahhas, Amaia Valle

 

Conception et mise en scène : Edward Aleman

Assistante à la mise en scène : Sophie Colleu

Auteur et dramaturge : Ronan Chéneau

Collaboration à la chorégraphie : Pierre Bolo

Composition musicale : Alexandre Bellando

Scénographie : Thomas Cartron

Costumes : Marie Meyer

Direction technique : Laurent Lecoq

Production/diffusion : Mathilde Leclercq

Administration : Christine De Cintré

 

Une production El Nucleo

Recherche de partenaires en cours

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